Luis de Córdoba : "Recuerdos" / "Marcando el compás"

mardi 14 avril 2020 par Claude Worms

Luis de Córdoba : "Recuerdos" - LP Philips 71 24 032, 1981

Luis de Córdoba : "Marcando el compás" - DRO T-1002, 1987

Luis Pérez Cardoso "Luis de Córdoba" (Paradas, 1950) a fait irruption de manière fulgurante dans les festivals andalous, pratiquement sans passer par les tablaos ni les compagnies de danse, grâce aux prix prestigieux qui lui ont été décernés dans la première moitié des années 1970 : "Concurso Cayetano Muriel" de Cabra (1972), "Lámpara minera" du "Festival Nacional de Cantes de las Minas" de La Unión (1973 et 1974) [1] et "Concurso Nacional de Arte Flamenco de Córdoba" (1974 et 1977). Philips le prend immédiatement sous contrat. Il enregistre pour ce label pas moins de trois EPs et huit LPs entre 1972 et 1981, successivement avec Juan et Pepe Habichuela (1972 et 1973), Antonio Piñana (1974), Ramón de Algeciras et Enrique de Melchor (1975-1978), et Enrique de Melchor et Isidro Sanlúcar (1979). "Recuerdos" est son dernier album pour Philips, en compagnie d’Enrique de Melchor et de Manolo Domínguez. Pour "Los cantes de ida y vuelta" (DRO T-3040, 1986) et "Marcando el compás", il reste fidèle à Enrique de Melchor, avant de commencer la décennie 1990 par une collaboration avec Vicente Amigo ("Que ni pintao" (Fods Records, SE 80 CD 8002, 1992).

Par son registre comme par sa conception du cante, Luis de Córdoba s’inscrit dans la lignée de Manuel Vallejo, dont il est l’un des rares artistes de sa génération à actualiser le style sans tomber dans la caricature et la surenchère gratuite en matière de jipío. Les "recuerdos" font référence à un choix de soleares virtuoses, trianeras à l’exception de celles attribuées à Paquirri ("Recuerdo a Pauirri"). "Recuerdo a el Tenazas" s’inspire des deux séries de soleares enregistrées en 1923 par le vétéran, promu incarnation du "cante jondo" l’année précédente par le concours de Grenade. "Homenaje a Cobitos" et "Recuerdo al Matrona" nous offrent de belles versions des soleares transmises par les deux cantaores - respectivement attribuées à Ramón "el Ollero" et Antonio Silva "el Portugués" (Cobitos) ; à José Lorente et Silverio Franconetti (Pepe "el de la Matrona"). Enfin, les soleares de Juan Breva, El Fillo, Manuel Cagancho et Enrique Ortega ("Recuerdo a Juan Breva") sont à la fois fidèles à l’esprit des modèles de référence et habilement modifiées par l’extension de leur amplitude mélodique - ce en quoi Luis de Córdoba leur applique, comme au garrotín et à la mariana, le binôme tradition/liberté qu’il a souvent exposé dans ses conférences [2].

"Marcando el compás" est un disque plus "grand public", mais non moins réussi, avec des bulerías à la fois mélodiquement séduisantes et dynamiques (Enrique de Melchor y veille), des campanilleros et une adaptation por tango de bulerías classiques de Cádiz. Plus que les livianas et les tangos del Piyayo interprétés de façon un peu neutre et trop prévisible, nous en retiendrons surtout quatre pièces d’un répertoire dans lequel Luis de Córdoba excelle, les fandangos et leurs dérivés : fandangos de Huelva, taranta, malagueña et une remarquable granaína. Sans oublier Enrique de Melchor, à l’époque au sommet de son art, tant d’accompagnateur que de compositeur - toutes les falsetas sont superbes, et surtout parfaitement intégrées aux suites de cantes.

[1] On pourra écouter quelques cantes de Luis de Córdoba dans deux albums consacrés au Festival de La Unión : "XXXIII Festival Nacional del Cante de las Minas. La Unión" - Nuevos Medios NM 15 642 CDD, 1994 (peteneras, colombianas) ; "Festival Nacional del Cante de las Minas. Antología. Volumen 1" - RTVE Música 62064, 2000 (peteneras, mineras, granaína).

[2] DE CÓRDOBA, Luis. El Flamenco. Tradición y Libertad. Cordoue, Colección Arca del Ateneo, vol. 33, 2001 (48 pages).

Claude Worms

Programme des disques

"A la sombra"
"Recuerdo a Juan Breva"
"Compañera"
"Homenaje a Cobitos"
"Recuerdo a El Tenazas"
"Amante"
"Recuerdo a Paquirri"
"¡ Ay ! qué dolor"
"Recuerdo al Matrona"

"Recuerdos" - Luis de Córdoba (chant) / Enrique de Melchor (guitare) / Manolo Domínguez "el Rubio" (guitare)

"A la sombra" (garrotín) / "Recuerdo a Juan Breva" (soleares) / "Compañera" (tangos) / "Homenaje a Cobitos" (soleares) / "Recuerdo a El Tenazas" (soleares) / "Amante" (bulerías) / "Recuerdo a Paquirri" (soleares) / ""¡ Ay ! qué dolor" (mariana) / "Recuerdo al Matrona" (soleares)

"Marcando el compás"
"Estuve llorando"
"A Huelva"
"’Cansao’ y roto"
"Oro fino por salobre"
"Campanero"
"Es un cante lastimero"
"¡ Ay ! que caray"
"Te estoy esperando"
"Hermana mía"

"Marcando el compás" - Luis de Córdoba (chant) / Enrique de Melchor (guitare)

"Marcando el compás" (bulerías) / "Estuve llorando" (malagueña) / "A Huelva" (fandangos de Pepe la Nora) / "’Cansao’ y roto" (livianas) / "Oro fino por cobre" (granaínas) / "Campanero" (campanilleros) / "Es un cante lastimero" (taranta) / "¡ Ay ! que caray" (tangos) / "Te estoy esperando" (tientos) / "Hermana mía" (tangos del Piyayo)


"Marcando el compás"
"Estuve llorando"
"A Huelva"
"’Cansao’ y roto"
"Oro fino por salobre"
"Campanero"
"Es un cante lastimero"
"¡ Ay ! que caray"
"Te estoy esperando"
"Hermana mía"
"A la sombra"
"Recuerdo a Juan Breva"
"Compañera"
"Homenaje a Cobitos"
"Recuerdo a El Tenazas"
"Amante"
"Recuerdo a Paquirri"
"¡ Ay ! qué dolor"
"Recuerdo al Matrona"




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