Le cante, une histoire populaire de l’Andalousie / Quatrième partie (IIe République et guerre civile)

vendredi 10 décembre 2021 par Claude Worms

Le titre de cet article fait référence à deux livres fondamentaux d’Howard Zinn (Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Marseille, Éditions Agone, 2002) et de Michelle Zancarini-Fournel (Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, Paris, Éditions La Découverte, 2016). Des générations de "flamencologues" ont répété à satiété la thèse selon laquelle le cante était d’autant plus "pur" que les coplas traitaient de thèmes réputés universels, tels la mort, l’amour, la mère, etc. Il s’agit là d’un postulat essentialiste selon lequel les andalous en général, et les gitans en particulier, seraient enclins à un fatalisme qui engendrerait passivité et soumission à l’ordre social établi...

La "desbandá" — A partir d’août/septembre 1936, les réfugiés qui fuient les troupes rebelles affluent à Málaga, depuis les régions d’Archidona, Antequera et Ronda (ils sont environ 35000). Défendue par 12000 volontaires mal équipés et abandonnée par le gouvernement républicain qui la considère comme perdue, la ville est prise entre le 6 et le 8 février 1937 par 19000 soldats de l’armée franquiste, 10000 du régiment du Maroc et 10000 du Corpo Truppe Volontarie de Mussolini. Entre 100000 et 150000 personnes tentent d’échapper au massacre par la seule route encore ouverte, vers Almería. Ils sont bombardés depuis trois navires (Canarias, Baleares et Almirante Cervera) et par la Luftwaffe. Bilan : entre 3000 et 5000 morts.

... Or, si les letras sont effectivement rarement engagées politiquement ou socialement, au sens strict du terme (du moins jusqu’à la fin du franquisme), leur lecture sans a priori montre qu’elles racontent une histoire populaire de l’Andalousie : parfois directement, par des prises de position dans des conflits politiques et des luttes sociales ; plus souvent indirectement, par le constat accablant des énormes inégalités qui marquent la société andalouse pendant un siècle et demi d’histoire du flamenco.

"La croix et l’épée : Ramón Serrano Súñer dirige la procession de la Virgen de los Reyes en célébration de la "victoire" — Séville, 16 avril 1939. Il est à l’époque ministre du premier gouvernement franquiste, cumulant les portefeuilles des ministères de l’Intérieur, de l’Ordre Public et de la Presse et de la Propagande

Quatrième partie : IIe République et guerre civile.

IV A : La guerre civile en Andalousie

La proclamation de la IIe République (14 avril 1931) coupe l’Espagne en deux camps opposés de force électorale comparable, dont l’hostilité devient de plus en plus virulente au gré des changements de majorité, surtout après les victoires de la droite (CEDA) en 1993 et du Front Populaire en 1936. Dès 1934, la répression sanglante menée par Franco dans les Asturies contre la commune révolutionnaire prélude à la guerre civile. En Andalousie, le problème crucial de la réforme agraire n’est pas résolu, les gouvernements successifs la freinant ou la réactivant à tour de rôle.

Tout un symbole : la guerre civile commence et s’achève en Andalousie. Le soulèvement militaire du 17 juillet 1936 est suivi dès le lendemain par la prise de position de Séville en faveur de la rébellion (Queipo de Llano) et la soumission de Cádiz, Jerez, Algeciras et La Línea. Le 31 mars 1939, les troupes franquistes occupent leur dernier objectif, Almería — à la veille de la fin officielle des combats, avec la prise de Barcelone. Le contrôle du détroit de Gibraltar permet aux troupes franquistes de bénéficier des renforts, en hommes et en matériel, de troupes fascistes et de l’aviation nazie (bombardements et pont aérien depuis le Maroc espagnol). La première phase de combats est la plus active. Elle culmine avec les prises successives de Cordoue, Grenade, Huelva et enfin Málaga (8 février 1937). Les fronts se stabilisent alors sans grands changements, malgré des offensives et contre-offensives sporadiques : seules deux provinces orientales, Jaén et Almería, avec quelques prolongements ruraux dans celles de Cordoue et de Grenade, résistent jusqu’en mars 1939 aux nationalistes.

Finalement, les opérations militaires en Andalousie furent de faible intensité, d’autant que le gouvernement républicain considéra rapidement que la région était perdue et ne constituait pas un enjeu stratégique prioritaire. Ce choix ne fut que très partiellement rééquilibré par l’organisation de guérillas, essentiellement paysannes et ouvrières : les "partidas" du XIXe siècle reprirent du service dans les sierras de Málaga et de Grenade (partidas d’ "el niño de los Olivares", des frères Quero, de "Los Galindo", etc.). Ces guérillas, qui resteront actives jusqu’au début des années 1950, montrent à quel point la guerre civile andalouse fut aussi une guerre sociale, préparée dès 1935/1936 par la vigueur des occupations de terres et la férocité de la répression des grands propriétaires. Aussi le bilan en pertes humaines est-il la conséquence de la répression, plus que celle des combats. De ce point de vue, contrairement aux thèses périodiques de pseudo-historiens révisionnistes, on se gardera bien de renvoyer les adversaires dos à dos. D’abord parce qu’il y eut des agresseurs et des agressés ; d’autre part, parce que le nombre des victimes des nationalistes est sans commune mesure avec celui des victimes des républicains — les chiffres du tableau ci-dessous, même s’ils peuvent encore être affinés, se passent de tout commentaire. Les nationalistes disposaient de temps (après six mois de guerre, ils occupaient cinq provinces), du nombre d’exécuteurs des basses œuvres nécessaire et de l’organisation ad hoc. Surtout, la répression nationaliste visait à installer une terreur dissuasive à long terme, à éradiquer toute velléité d’organisation et à mener une croisade — au sens propre du terme ("Cruz y espada") — étendue aux "classes dangereuses" et à leurs leaders, syndicalistes et politiques.

Pertes en Andalousie : guerre civile et répressions (1936-1950) – chiffres d’après Juan Antonio Lacomba (première colonne) et Santos Juliá (autres colonnes)

Il convient d’ajouter à ce macabre bilan les détenus qui ne survécurent pas à la prison et, plus encore, aux camps de concentration. Ces derniers avaient deux avantages majeurs : ils fournissaient une main d’œuvre gratuite et abondante ; les prisonniers y étaient visibles, ce qui permettait d’étendre leurs vertus rééducatrices aux populations voisines. Il s’agissait en effet de soumettre, trier, épurer, rééduquer, "recatholiciser", etc. et, évidemment, de contraindre les suppôts de l’ "Anti-España" à réparer leurs méfaits par les travaux forcés auxquels ils étaient condamnés dans les conditions de nourriture, d’hygiène, de soins, etc. que l’on imagine, pour le plus grand profit de l’armée et des partisans de la dictature. Pendant la guerre civile, les détenus construisirent des tranchées, des bunkers et des ponts. Pendant la post-guerre, et au moins tant que dura l’état de guerre (jusqu’en 1948), ils creusèrent des mines et construisirent des routes, des canaux hydrauliques (Canal del Bajo Guadalquivir), voire des villages entiers — sans oublier le sinistre mausolée de la vallée de Cuelgamuros ("Valle de los Caídos "). Pour l’Espagne entière, il y eut 104 camps stables, 190 en comptant les camps temporaires — entre 350000 et 500000 prisonniers y furent incarcérés. En avril 1939, le Corps d’Armée de Badajoz s’enorgueillissait d’avoir établi 26 camps principaux dans les six provinces andalouses qui en dépendaient, pour un total de 64898 prisonniers — Cordoue : 21694 ; Grenade : 14576 ; Málaga : 13004 ; Cadix : 7644 ; Huelva : 4610 ; Séville : 3370 (Rodrigo).

Prisonniers républicains — décembre 1936

IV B Engagement républicain et letras

Dans l’introduction de l’étude qu’elle consacre au flamenco à Barcelone pendant la IIe République (cf. bibliographie), Montse Madridejos remarque à juste titre que "la grande majorité des cantaores, bailaores et guitaristes s’adapta aux courants politiques dominants, à chaque période. Dans certains cas, l’attitude adoptée était motivée par des considérations de type idéologique, pour d’autres par un simple opportunisme politique, voire un pur instinct de survie" (traduction de l’auteur de cet article). C’est dire à quel point il est difficile d’évaluer les motivations de l’engagement des artistes flamencos au cours des années 1931-1939. Cependant, compte tenu de leur origine sociale et de celle de leur public, il est clair que le programme des républicains, surtout de celui du gouvernement de Front Populaire à partir de 1936, ne pouvait qu’attirer leur sympathie, même si le militantisme actif ne fut le fait que d’une minorité. La création en 1931 d’un Syndicat des Artistes Flamencos, affilié à l’UGT, est révélatrice — cf. l’interview de deux de ses fondateurs, le cantaor José Cepero et le guitariste Luis Maravilla, réalisée par Josefina Carabias le 11 septembre 1931 pour la revue Ahora ; Gamboa, pages 258-260). Parmi les artistes qui se déclarèrent plus ou moins ouvertement républicains, figurent, entre autres, La Levantina, Niña de Linares, Rita la Cantaora, Pastora Pavón "Niña de los Peines", Angelillo, Guerrita, Juan Baños Sánchez "el gran Fanegas", José Cepero, Cojo de Málaga, El Carbonerillo, Manuel Ávila, Niño de la Huerta, Manuel Vallejo, Niño del Museo, Tomás de Antequera, Niño de Almería, Antonio Mairena, Chato de las Ventas, Corruco de Algeciras, Chaconcito, Juan Varea, Canalejas de Puerto Real (cantaores), Manolo de Huelva, Estebán de Sanlúcar et Luis Maravilla (guitaristes). Beaucoup d’autres se produisirent dans des galas de soutien à la République, aux syndicats, etc., par exemple lors d’un festival organisé au "bénéfice des ouvriers sans travail", à Barcelone, le 3 juin 1931 (Madridejos).

Manuel Vallejo

Les circonstances exactes de la mort de certains d’entre eux sont difficiles à établir, surtout pour ceux qui furent victimes des combats, parce que certains avaient été victimes d’enrôlements forcés dans l’armée nationaliste. Chato de las Ventas, arrêté à Badajoz lors d’une tournée, serait mort officiellement d’une crise cardiaque la veille son exécution, ou fusillé, selon sa famille (3 ou 4 novembre 1936). Chaconcito serait mort lors de la bataille de Madrid, ou en tentant de passer en France. Corruco de Algeciras, enrôlé de force par les franquistes, fut tué sur le front de l’Èbre. Beaucoup d’autres furent emprisonnés — Rosario Flores Campos (la mère de Farruco), Juan Varea, El Sevillano, Canalejas de Puerto Real, Luis Caballero, etc. Le père de Farruco et celui de Luis Caballero furent exécutés. Enfin, nombreux furent celles et ceux qui s’exilèrent, temporairement ou définitivement, pour échapper à la répression des vainqueurs ou, plus simplement, aux combats : outre Miguel de Molina, (il n’était pas à proprement parler un cantaor mais un maître de la copla), communiste et homosexuel, donc doublement "anti-Espagne", La Argentina, La Argentinita, Carmen Amaya, Antonio Triana, Antonio "el Bailarín" (baile), Angelillo, El Pena Hijo, Niño de Utrera (cante), Estebán de Sanlúcar, Mario Escudero, Sabicas (toque), etc.

De nombreux cantaores enregistrèrent pendant la IIe République des letras engagées, adaptées aux palos en vogue à l‘époque — por fandango, colombiana et milonga. On peut interpréter ce choix comme une stratégie commerciale, mais aussi comme la volonté de s’adresser politiquement à un large public, d’autant que ces cantes étaient diffusés non seulement par le disque, mais aussi par les spectacles d’Opera flamenca, la radio et le cinéma — nombre de réalisateurs de ces films "grand public" étaient d’ailleurs nettement marqués à gauche, à commencer par Luis Buñuel, alors adhérent du PCE. La plupart des fandangos (et autres) republicanos furent enregistrés à Barcelone, non seulement parce que la ville résista longuement aux nationalistes, mais aussi parce que les labels y avaient leurs sièges (Odeón, La Voz de su Amo, Parlophon) et que les artistes s’y produisaient régulièrement et/ou y étaient établis (notamment celles et ceux originaires de la province de Murcia). Ce fut aussi le cas de certains des guitaristes qui les accompagnaient (Miguel Borrull Hijo, Pepe Hurtado, Antonio Serrano, Manolo Bulerías).

Niño de la Huerta / Chato de las Ventas

On peut voir dans les coplas allusives à la désastreuse guerre du Rif (1921-1927) des antécédents des coplas republicanas (colombianas et milongas — José Cepero et Niño de la Huerta). L’année même de la proclamation de la IIe République (1931), Manuel Vallejo enregistre des fandangos republicanos à la mémoire de Fermín Galán Rodríguez et Ángel García Hernández, deux capitaines de l’armée espagnole qui avaient pris la tête du soulèvement antimonarchiste de la garnison de Jaca. Ils furent fusillés le 14 décembre 1930 près de Huesca. D’après des témoins, Galán aurait lui-même donné l’ordre de tirer au peloton d’exécution et serait tombé en criant "¡ Viva la República !", ce que rappellent quelques letras, parfois avec une variante : "¡ Viva España !". Considérés comme des martyrs de la République, ils seront dès lors célébrés par de nombreuses coplas, souvent associées au thème plus général de l’apologie de la République. Il est significatif que la plupart de ces enregistrements ait été réalisée en 1931-1932, alors que l’enthousiasme des premières années républicaines n’avait pas encore été refroidi par le retour aux affaires de la droite.

Corruco de Algeciras / El Guerrita

Fandangos republicanos :

Después de esuchar el himno / al grito de ¡ Viva España ! / canto un fandango gitano / y en él llevo puesta mi alma / como buen republicano. (Manuel Vallejo)

Murió Hernández, y Galán / por la libertad de España : / un minuto de silencio / para los que en gloria están / suplico en este momento. (Manuel Vallejo)

Manuel Vallejo (Fandango 1)
Manuel Vallejo (Fandango 2)

Manuel Vallejo (fandango 1, 1931) — guitare : Antonio Moreno + accompagnement d’orchestre.

Manuel Vallejo (fandango 2, 1931) — guitare : Miguel Borrull + accompagnement d’orchestre.

Un grito de libertad / dio Galán y García Hernández / tembló el trono y la corona / y con el dolor hizo triunfar / la República Española. (Corruco de Algeciras)

Lleva una franja mora, / triunfante nuestra bandera / la conquistó España entera : / por Hernández y Galán / rompió España sus cadenas. (Corruco de Algeciras)

Corruco de Algeciras (fandangos)

Corruco de Algeciras (fandangos, 1932) — guitare : Niño Ricardo.

Quiero decir con pasión / este fandango que canto. / España republicana / y lo es de corazón / ¡ Abajo la ley tirana ! (Guerrita)

España tiene bandera / de matices tricolor : / amarillo, rojo y lila / colores que son de amor / ¡ Juntarse a nuestras filas ! (Guerrita)

En Jaca se rebelaron / dos heroes republicanos / que lucharon con afán / por salvar a nuestra España, / García Hernández y Galán. (Guerrita)

En España un día glorioso / fue el catorce de abril, / se batió la tiranía / y triunfó rotudamente / el pueblo con alegría. (Guerrita)

El Guerrita (fandangos 1)
El Guerrita (fandangos 2)

El Guerrita (fandangos 1 et 2, 1932) — guitare : Pepe Hurtado.

El día catorce de abril / es la fiesta nacional / y vino la revolución / cansado de tanto sufrir / el pobre pueblo español. (Fanegas)

El Fanegas (fandango, 1932)

El Fanegas (fandango, 1932) — guitare : Pepe Hurtado.

¡ Ay ! que corazón más noble / el de la raza hispana / la nación se siente ufana / porque sin derramar sangre / España es republicana. (Niño de la Huerta)

Dos capitanes un día, / por salvar a nuestra España, / en Jaca dieron su vida / y el mundo supo su hazaña / que a la patria revivía. (Niño de la Huerta)

Al grito de ¡ Viva España ! / la República clama / y guarda fraternidad / el pueblo clamó por España / ¡ Que viva la libertad ! (Niño de la Huerta)

Son Hernández y Galán / héroes republicanos. / España con su bondad / llora hoy por sus hermanos / que en su corazón están. (Niño de la Huerta)

La República española / en abril se proclamó / y la bandera se enarboló / por la que el pueblo luchó / tres colores así tremola. (Niño de la Huerta)

Al romper España ansiosa / las cadenas que la ataron / en polvorosa marcharon / muchas gentes que alevosa / la República atacaron. (Niño de la Huerta)

Niño de la Huerta (fandangos 1)
Niño de la Huerta (fandangos 2)

Niño de la Huerta (fandangos 1 et 2, 1932) — guitare : Antonio Serrano

¡ Ay, españoles ! / Galán y García han sido / dos mártires españoles / que por España han vertido / sangre de sus corazones, / sangre que para algo ha servido. (taranta, Fanegas)

El Fanegas (taranta)

El Fanegas (taranta, 1932) — guitare : Pepe Hurtado

Colombias et milongas republicanas :

Cataluña pide a gritos / que le den la autonomía. / Los gallegos están fritos. / También en Andalucía / quieren estar solitos. / Los vascos y los asturianos / también libres quieren ser. / Todo el mundo pide ufano, / yo voy a pedir también / como buen republicano. (colombiana, Chato de las Ventas) — cette copla est la seule de l’époque qui associe, ironiquement, la IIe République aux revendications autonomistes.

La bandera de mi patria / es como el sol de un buen día. / Señores, soy español / y he nacido en Andalucía / que es del mundo la región / que tiene más alegría. / Al Señor del Gran Poder / le alumbran cuatro faroles / y a mi me están alumbrando / tus ojitos que eran dos soles. (colombiana, Pastora Pavón "Niña de los Peines") — le texte reste allusif, mais la date de l’enregistrement (1932) implique que le drapeau est tricolore.

Escucha España la voz / de un soldado que está cautivo. / Le partía hasta (?) el corazón / de cuando siente / el ruido de las balas del cañón. / Madre, siente el ruído / de cuando las balas salen. / Y en aquél triste momento / mi cuerpo siente emoción / porque me acuerdo / de aquella que llorando por mí quedó. / Y oye mi voz, / oye mi adiós, oye mi voz. / Cuando yo regrese a mi España / por Sevilla pasaré, / y a Jesús del Gran Poder, / las gracias a Dios yo le daré / porque vuelvo yo a abrazar / a la que a mí me dio el ser. (colombiana, Niño de la Huerta)

Chato de las Ventas (colombiana)
Niña de los Peines (colombianas)
Niño de la Huerta (colombiana)

Chato de las Ventas (colombiana, 1932) — guitare : Manolo de Badajoz

Pastora Pavón "Niña de los Peines" (colombiana, 1932) — guitare : Niño Ricardo

Niño de la Huerta (colombiana, 1932) — guitare : Antonio Serrano

Un soldado en Melilla herido cayó / y en un ataque de arrojo y valor / y con el ruido de un canón / aquel pobre soldado / la retirada no la oyó. / Y a fuerza de pena y de dolor / en una chumbera como pudo se escondió. / ¡ Dios mío ! no dejarme solito aquí, / que yo no lo pido por mí / sino por mi pobre madre / y los hermanitos chicos / que no tienen más que a mí. / Ten piedad de este pobre militar. (milonga, José Cepero)

Y yo he sentido / una voz dolorosa / y allá por tierra africa / Cayó un sodado diciendo / papá y mamá / yo en está tierra me muero / soldado en Melilla / herido en el suelo el pobre cayó, / porque al ruido del cañon / la retirada no la oyó. / Y él como pudo / arrastrando y de rodillas / derramando la sangre en el suelo / detrás de la trinchera se matió / y él decía a los compañeros / con penas muy grandes / no dejarme solo aquí, / que yo no lo siento por mí, / solo por mis hermanitos / que se quedan huerfanitos / y no tienen los pobres en el mundo más que a mí. / Ten piedad, / de este pobre que te habla, militar. (milonga, Niño de la Huerta)

NB : enregistrées la même année, les deux coplas sont très proches, sans que l’on puisse déterminer qui peut en revendiquer la paternité. En tout cas, le thème de l’abandon des soldats par la hiérarchie militaire au cours de la guerre du Rif correspondait sans doute à une critique colère majoritaire.

José Cepero (milonga)
Niño de la Huerta (milonga)

José Cepero (milonga, 1929) — guitare : Miguel Borrull

Niño de la Huerta (milonga, 1929) — guitare : Manolo de Badajoz

Claude Worms

Bibliographie

CERREJÓN, Manuel. Cantes, cantos y músicas de la segunda República Española. 1931-1936 (livre + deux CDs), Dos Hermanas, Marita Ediciones, 2011

GAMBOA, José Manuel. Una historia del flamenco, Madrid, Espasa Calpe, 2005.

GRIMALDOS, Alfredo. Historia social del flamenco, Barcelona, Ediciones Península, 2010.

JULIÁ, Santos (coordination). Víctimas de la guerra civil, Madrid, Temas de Hoy, 1999.

LACOMBA, Juan Antonio. Historia contemporánea de Andalucía. De 1800 a la actualidad, Sevilla, Editorial Almuzara, 2006.

MADRIDEJOS MORA, Montse. El flamenco en Barcelona. Intentos de adaptación a la II República, Murcia, Revista La Madrugá / Universidad de Murcia, 2010 — https://revistas.um.es/flamenco/article/view/110001.

PINILLA, Juan. Las voces que no callaron. Flamenco y revolución (livre + CD) , Sevilla, Atrapasueños Editorial, 2011.

RODRIGO, Javier. Trabajar para el enemigo. Campos de concentración y trabajo forzoso en la guerra y posguerra, Sevilla, Centro de Estudios Andaluces / Revista Andalucía en la Historia (n° 30), 2010.


Manuel Vallejo (Fandango 1)
Manuel Vallejo (Fandango 2)
Corruco de Algeciras (fandangos)
El Guerrita (fandangos 1)
El Guerrita (fandangos 2)
El Fanegas (fandango, 1932)
Niño de la Huerta (fandangos 1)
Niño de la Huerta (fandangos 2)
El Fanegas (taranta)
Chato de las Ventas (colombiana)
Niña de los Peines (colombianas)
Niño de la Huerta (colombiana)
José Cepero (milonga)
Niño de la Huerta (milonga)




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