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Notes d’été sur des impressions de printemps

13ème Festival Flamenco de Toulouse, du 1er au 15 avril 2014
samedi 12 juillet 2014 par Claude Worms

C’était il y a trois mois. La programmation du Festival de Toulouse nous offrait en quatre concerts mémorables un panorama des diverses tendances esthétiques du très dynamique cante féminin contemporain. Par ordre d’entrée en scène : Montse Cortés, Rosario la Tremendita, Gema Caballero et Estrella Morente...
María Luisa Sotoca Cuesta, directrice artistique du Festival Flamenco de Toulouse
María Luisa Sotoca Cuesta et Pascal Guyon (président de l’association Alma Flamenca) ont su donner au Festival (...)


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Notes d’été sur des impressions de printemps

jeudi 21 août 2014

Merci d’avoir pris le temps de répondre de manière courtoise et documentée à mon billet d’humeur. Je précise que mes remarques ne visaient ni votre revue ni votre personne en particulier sinon un courant dominant de la critique actuelle en France. Nous partageons sans doute la même passion pour le flamenco et nous saurions, je pense, nous retrouver sur l’essentiel.
Je reste cependant sceptique sur l’évolution de cet art malgré l’emphase qui traverse la plupart des commentaires qui nous sont offerts aujourd’hui dans la présentation des festivals et des spectacles. Certes nous pourrions débattre à l’infini sur les mérites de tel ou tel sans trouver d’accord car hélas en art les jugements d’autorité n’existent pas. J’ai toujours pour ma part préféré Chandler à Proust et j’attends encore le critique qui pourra me prouver que j’ai tort. C’est pourquoi lorsque vous dites qu’Estrella Morente est incontestablement une grande chanteuse, je me permets d’en douter. Grande chanteuse peut-être mais certainement pas de flamenco. Elle avoue d’ailleurs elle-même dans le journal Sur faire l’impasse sur l’essentiel du répertoire tragique : « Avant, le flamenco c’était l’enclume, la pauvreté, le don de soi, l’âme déchirée, l’amertume. Aujourd’hui, le flamenco est davantage décontracté et positif. »
Vous aurez beau me demander de lire (ou de relire) Estebán Calderón, je continue de trouver insipides les spectacles de certains tâcherons de la scène qui confondent éclat et profondeur. Les références d’ailleurs à cet écrivain sont à prendre avec beaucoup de précautions. Vous savez comme moi que son lyrisme romantique, son conformisme politique et idéologique l’ont entraîné souvent vers les clichés sociaux et la schématisation de la réalité.
Quant à vos remarques sur la conscience politique de certains artistes, j’ai dû mal m’exprimer car je ne parlais pas de messages politiques à transmettre mais du souci d’exemplarité. Dans le flamenco, la contestation n’a pas besoin d’être dite, elle est dans la voix. Par contre la vitrine doit toujours être le reflet de l’entrepôt. Quand Arcángel demande 6000 euros pour venir chanter dans une peña, ce monsieur a beau avoir du talent, je pense que c’est mépriser une partie du public que de se comporter de la sorte quand on sait que ces institutions qui ont fait beaucoup pour le flamenco n’ont pas de moyens. La dictature du marketing et de la communication à outrance nous font glisser vers un art commun, alléchant pour le grand public mais où les rares élus se font le chantre d’un répertoire édulcoré quand les réfractaires se condamnent à la clandestinité.
Évidemment, je ne prétends pas détenir la vérité sur cet art inquiet qui nous passionne tant. Personne ne peut dire à un artiste ce qu’il doit faire. Mais la beauté du flamenco pour moi réside dans le fait que des gens humiliés et pourchassés ont su avec si peu de moyens et sans artifice exprimer des douleurs et des joies communes. Qui s’approche de cette tradition reste fidèle à l’histoire. Il me semble que depuis quelque temps les règles ont changé. Il est permis désormais de faire n’importe quoi. Que dirait un amateur d’opéra si un chef d’orchestre « audacieux » décidait d’incorporer à son orchestre un accordéon ou une guitare électrique ? La phrase de Gide n’est pas fausse : « l’art naît de la contrainte, vit de lutte, meurt de liberté. » C’est peut-être dans cette lutte intense et secrète que le flamenco survivra.
Salutations amicales.
PS : Peut-être nous verrons-nous du côté de Rincón de la Victoria. Je fréquente cette région depuis plus de trente ans, mon port d’attache étant à Coín.
Pour éventuellement poursuivre la discussion en aparté : guybreteche@orange.fr
Guy Bretéché


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