El Titi : "De Huércal a Jerez, ciegos por el flamenco"

mercredi 24 octobre 2007 par Claude Worms

Manantial de Músicas 1107002

Grâce à la courtoisie de Carlos Fernández Córdoba et de Norberto Torres, coproducteurs de l’ enregistrement, nous venons de recevoir le premier CD de Manuel Fernández "El Titi", jeune cantaor né à Huercal de Almería, héritier d’ une fameuse dynastie d’ artistes gitans de la région. Saluons au passage le dynamisme et le courage de la peña "El Ciego de la Playa", sans lesquels cette réalisation n’ aurait pas été possible : quel label commercialement bien installé aurait osé miser sur un artiste encore très peu connu, bien que déjà titulaire de nombreux prix (Almería, Murcia, Sevilla...) ? La programmation 2007 de cette peña témoigne d’ ailleurs d’ un bel éclectisme, et d’ un souci constant de la qualité, avec rien moins qu ’ Ezequiel Benitez, Genara Cortés, Curro de Utrera, El Pele, El Titi, Morenito de Illora, Curro de Lucena, Luis el de la Venta, ou La Nitra... (pour le cante), et Miguel Ochando, Niño de la Paz, El Calao, ou Emilio Maya... (pour la guitare). Un exemple parmi d’ autres du rôle primordial de formation et de promotion que continuent d’ assumer, contre vents et marées, les peñas flamencas.

Peña El Ciego de la Playa

"De Huercál a Jerez" est un disque très équilibré entre cante "classique" et production contemporaine : choeurs "mezza voce" (à la manière des arrangements d’ Enrique Morente ou d’ Arcángel), percussions discrètes (Carlos Merinos et Moisés Muñoz), une touche de flûte (Spavs Rizov, pour une surprenante et belle introduction aux Tonás, reprise pour la coda), et des parties de guitare plus musicales que tapageusement virtuoses (José Ignacio Franco, Juan Diego Santos, Antonio Luis López, Niño de la Fragua).

Le projet du disque était de "tendre un pont entre le flamenco d’ Almería et celui de Jerez" : objectif atteint, même si le répertoire penche assez nettement en faveur de Jerez. Après des Tangos "très mode" (seule concession, nécessaire, au marché), les Bulerías por Soleá, les Tonás, les Siguiriyas, les Soleares, et les dernières Bulerías (sur fond de palmas, sans guitare) sont nettement jérézanes. Le répertoire est complété par des Fandangos (joliment conclus par un Fandango de Manuel Torres, interprété "abandolao") ; une Bulería dans le style de Camarón ; et de superbes Tarantos chantés très sobrement, dans le style "parlé- chanté" traditionnel d’ Almería.

On admirera le courage du cantaor d’ affronter un répertoire aussi exigeant dès son premier enregistrement. Servi par un timbre voilé très flamenco (proche de celui, par exemple, d’ Ezequiel Benitez), il en a assurément les moyens vocaux. Il lui reste cependant à corriger quelques imperfections, en particulier une conduite vocale un peu raide, qui l’ empêche parfois d’ atteindre l’ intonation exacte après des attaques sous la note ("temple" de la Soleá, par exemple), et des graves souvent approximatifs. Mais le cante est un long et difficile apprentissage, et El Titi est déjà plus qu’ une promesse.

Un disque, et un artiste, à découvrir absolument.

Claude Worms





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