Biennale de Flamenco de Séville (2008) - Suite

jeudi 25 septembre 2008 par Manuela Papino

Article mis à jour quotidiennement avec les derniers comptes-rendus que nous envoie notre collaboratrice, Manuela Papino (voir en fin d’ article).

“DE LA MISMA SANGRE” :

JOSE DE LA TOMASA ET GABRIEL DE PIES PLOMO

Chaperonnant “l’alternative” de son fils, José de la Tomasa a ouvert son récital avec une Malagueña. Descendant de Manuel Torre, fils de Pies Plomo, José de la Tomasa a soutenu sans réserve son fils : "Là, vous avez un nouveau cantaor" : Gabriel de Pies Plomo, qui peut-être, n’avait pas encore la maturité nécessaire pour porter la responsabilité d’un spectacle au Lope de Vega, dans la Biennale de Flamenco. L’hérédité fut bien respectée dans le choix des paroles des cantes, et l’aida sans aucun doute à obtenir l’appui d’ un public sévillan ému, pas autant cependant que le jeune chanteur qui se mit à pleurer avant de poursuivre avec des "Cantes de Levante". Très nerveux, il emporta cependant l’enthousiasme du public, à la grande satisfaction de son père. Le spectacle présenta deux parties distinctes, sans "face à face", ce que pourtant l’on pouvait espérer d’une telle proposition.

José de la Tomasa débuta "por Soleá", continua "por Tarantos", puis Tientos et Tangos, accompagné de son guitariste habituel, Antonio Carrión. Le colosse donna une fois de plus une leçon d’assurance et de constance, s’illustrant, comme toujours, dans ce qu’il aime appeler “l’hymne national de sa famille”, la Siguirya. Il finit avec "une paire de Fandangos", avant d’inviter les musiciens à une "fin de fiesta".

Manuela Papino

Photo : Luis Castilla


LES DÉLICIEUSES NUITS DE TRIANA

Elles ne sont pas annoncées d’une façon particulière dans le programme, et pourtant les "aficionados" de la Biennale de Séville savent que ce sont des rendez-vous incontournables : les nuits de l’Hôtel Triana. Avec ces concerts, c’est l’été qui se prolonge, par un véritable Festival traditionnel, et grâce à l’expérience des artistes invités. Chozas, Rubén Levaniegos, Antonio Reyes, José Mendéz, Juan Diego, Juan José Amador, Luis Amador, Ramón Amador, Eugenio Iglesias, et la bailaora sévillane Angelita Vargas, présentèrent une nuit très flamenca, en plein air. Deux heures de spectacle dans une ambiance très chaude et "trianera", qui faisait oublier que l’été se termine…

Manuela Papino

Photos : Luis Castilla


LA SÉVILLE ROCK DES ANNÉES 80

C’est en 71 que le groupe de rock progressif Smash engagea un gitan, né à Ceuta et élevé dans le quartier de Tardón à Séville : Manuel Molina. Ils ouvraient ainsi le chemin de ce qui s’appellera le "rock andalou". Entre les années 78 et 79, tous ces groupes commencèrent à enregistrer leurs premiers disques. Quelques artistes de flamenco intervinrent dans ce travail, comme José de la Tomasa avec "Triana", et d’autres commencèrent à introduire des éléments de rock dans leur travail, comme El Lebrijano, Enrique Morente ou Camarón. Par la programmation des groupes qui se produisirent à l’ Auditorium Rocío Jurado, le 20 septembre, le monde du flamenco rendait hommage à ces musiciens qui marquèrent une époque.

C’est Lole Montoya qui ouvrit la soirée (du mythique duo "Lole et Manuel"), suivie de Pata Negra, avec Rafael Amador, accompagné de son fils Luis, du guitariste Andrés el Pájaro et d’un groupe de musiciens qui surent enthousiasmer le public, en évoquant des succès comme "Todo lo que me gusta es ilegal, es inmoral” ou “Si tú te vas, yo me quedo en Sevilla hasta el final”. Vinrent ensuite Caí, Guadalquivir, Alameda, Tabletom et son “chanteur impossible” Roberto, qui semblait sortir d’une bande dessinée, Iman, groupe de musique instrumentale, et Smash chantant en anglais malgré la présence de Manuel Molina, qui tenta d’introduire - en espagnol ! - sa touche flamenca si passionnée.

Ils animèrent la nuit jusqu’à quatre heures du petit matin avec beaucoup d’ enthousiasme : "Je me suis levé ce matin en me demandant s’il allait pleuvoir " dit Manuel Molina. Ses propos soulignaient l’importance de l’ événement pour tous ses protagonistes. "C’est que nous ne savons pas qui sera là ou pas, la prochaine fois… ». C’est ainsi que Manuel Molina fit ses adieux au nom de tous ces amis, avant d’énumérer, une dernière fois, tous ceux qui n’étaient plus…

Manuela Papino

Photos : Luis Castilla


MANOLO SANLÚCAR JOUE “LA VOZ DEL COLOR” , DU PEINTRE BALDOMERO RESENDI

“J’aimerais que la scène soit le salon de ma maison pour éviter cette vitrine" : ainsi commença Manolo Sanlúcar au théâtre Lope de Vega, le 19 septembre. "J’ai connu Resendi il y a de nombreuses années, il avait quelque chose de mystérieux. Dès lors, j’ai compris que ma musique pouvait répondre à cette peinture qui m’émeut en tant qu’ être humain . Resendi est un homme polémique, plutôt méconnu, parce qu’il montre une image différente de ce qu’il est intérieurement. C’est la raison pour laquelle on n’a jamais reconnu sa valeur", déclara le Maestro.

Manolo Sanlúcar, durant tout le spectacle, commente avec spontanéité l’œuvre de l’artiste et les thèmes d’inspiration de ses propres œuvres. C’est avec une Bulería que naît la musique. Inspirée par le tableau "Les condamnés" , le guitariste explique : "je l’ai composée comme un défi, c’est une forme dense et lente, au rythme suave". Ainsi apparaît sur scène le monde imaginaire du musicien. "Ma quête actuelle est la recherche d’un monde qui doit grandir ; notre culture n’est pas documentée et doit se développer maintenant par la réflexion, plus que par l’ émotion. Parfois, nous pensons que nous sommes les seuls à avoir des sentiments, mais chaque musique a des sentiments, c’est pourquoi il faut amener le flamenco à l’analyse, au mental".

Il continua avec une Taranta, seul sur scène. Une souffrance délicate émanant de son âme : "je cherche l’honnêteté, le regard sur le passé, sur mon passé, c’est là que nous trouvons ce que nous sommes. Les génies ne savent pas copier, ils apprennent et transforment en langage personnel ce qu’ils ont appris. Resendi était comme ça, il se consacrait au défi, pas à la complaisance, et il se défiait lui même". Manolo Sanlúcar se défend de la douleur qui imprègne son jeu actuel ("ce qui me plaît le plus c’est rire"), mais son inspiration s’alimente sans cesse d’un sentiment tourmenté. Avec la Soleá intitulée "Piedad", nom du tableau qui représente une Marie dont le visage est dissimulé ( "parce que c’est une mère détruite, et cette douleur de Marie, je la comprend très bien"), apparaît le tragique cette musique, souligné par les paroles chantées par Carmen Grilo et David Pino.

La concert se termine avec "La danza de los pavos" : la direction d’orchestre, de David Carmona ("mon héritier et je le dis avec orgueil", dit Manolo Sanlúcar), et les percussions de Tete Peña et Agustín Diassera, ont permis à l’inspiration et à l’esprit du Maestro de s’exprimer à l’intérieur d’un tableau musical parfaitement dominé : "Quand apparaît l’esprit de ce que nous sommes, c’est là que l’on se sent présent", commente t-il.

L’émotion fut à son comble, avec le duo de guitares entre Manolo Sanlúcar et David Carmona. Une véritable passation de pouvoirs qui offrit ce que nous avions tant espéré la veille au Lope de Vega, sans succès : un moment de complicité, d’évidence et d’humilité.

Manuela Papino pour flamencoweb.fr

Photo : Luis Castilla


MARCO FLORES, MANUEL LIÑAN, OLGA PERICET : COMPAÑÍA “EN SUS 13”

Ces trois jeunes danseurs andalous présentèrent au Teatro Central, le 20 septembre, “En sus 13", spectacle qui porte le même nom que la compagnie. "Nous recherchons un flamenco nu, nous avons besoin de créer". Malgré la jeunesse de ses artistes, la compagnie existe depuis six ans. On remarque particulièrement les chorégraphies de groupe, Vidalita, Trilla et Bulerías, signées par Manuel Liñan et Olga Pericet, sobres, précises et avec une touche personnelle qui utilise les solistes comme corps de ballet, et le corps de ballet comme solistes.

Le spectacle a pour invité Daniel Doña, issu de la danse espagnole et contemporaine, qui enrichit la proposition d’un intermède avec castagnettes. La scénographie utilise les lumières en affirmant une volonté de sobriété dans le travail. Cette nuit là, c’est le solo de Marco Flores por Martinete que l’on a remarqué, tant par la recherche rythmique de ses pieds, que par son esthétique propre, qui, sans s’éloigner d’un flamenco traditionnel, maintient l’attention par quelques détails originaux. Cette jeune compagnie propose une recherche singulière, qui annonce sans aucun doute un avenir riche en surprises.

Manuela Papino

Photos : Luis Castilla

Ils seront en tournée en France avec ce spectacle "En sus 13" :

Les 17/18/19 octobre à Sceaux les Gémeaux

Le 30 janvier à la Scène Nationale de Sète

Le 31 janvier à la Scène Nationale de Alès

Le 3 février à Périgueux

Le 5 février à la Scène Nationale de Narbonne

Le 28 mars à Bayonne

Les 1/2/3/4 avril à la Maison de la Danse de Lyon

Les 7 et 8 avril à Grasse


ANDRÉS MARÍN ET LLORENÇ BARBER

Le 22 septembre, le Teatro Central accueillait la première de "El cielo de tu boca", création de la nouvelle production d’ Andrés Marín. Avec comme invité Llorenç Barber, qui depuis 1980, pratique la voix diaphonique, la "campanología" (la "clochologie" ), la musique pluri focale, la poésie phonétique … : dans ce spectacle, Andrés Marín fait pénétrer son univers flamenco dans le monde du compositeur, sur une mise en scène de Salud López, à la fois contemporaine, esthétique, efficace et pertinente.

Le concept abstrait de "El cielo de tu boca" fait "référence à un lieu de résonnance, une cavité sonore que nous possédons tous, un espace régurgitateur du sonore. On pourrait ainsi penser notre cavité buccale comme un espace scénique imaginaire, un espace concave où viennent résonner les mille et une harmoniques de ceux dont nous faisons partie". La première, pour la Biennale de Flamenco, laissa une place importante au flamenco qui, parfois, provoqua le retour à une forme traditionnelle. Dans ce contexte, elle s’ avéra pesante et sans surprise. Andrés Marín, chanteur de flamenco à ses débuts, ne cherche pas l’innovation ou la surprise, mais la trouve dans sa seule présence au sein d’un univers qui le met en valeur.

On attend les véritables moments de rencontres entre Marín et Barber, naissant avec, par exemple, le visuel de Llorenç Barber montant à l’échelle pour jouer un solo de cloches, suspendues dans les airs ; Andrés Marín entrant en scène avec des cloches à la ceinture ; Barber émettant des sons vocaux ; Marín dansant la musique des cloches… :une variété de propositions qui se suffiraient à elles-mêmes.

Curieusement, ce sont les présences flamencas, guitare et chant, qui éloignent d’un propos stimulant. Le concept du spectacle ne cherche pas, sur scène, à démontrer ou à illustrer un message. Avec "El cielo de tu boca", le spectateur doit se laisser porter et se perdre. C’ est ce qui, peut-être, surprend toujours une partie du public habituel de flamenco. Cette nuit, étaient présents les amateurs d’ art contemporain, les curieux qui connaissent Andrés Marín, les "aficionados" au flamenco qui gardent l’espoir de voir quelque chose de nouveau... ; et aussi un public traditionnel qui, c’est sûr, n’ applaudit pas debout à la fin du spectacle. Une proposition intéressante, mais qui n’a pas encore trouvé sa voie.

Manuela Papino

Photo : Luis Castilla


DIEGO CARRASCO DÉROULE LUI-MÊME SON TAPIS ROUGE DANS “EL TIEMPO DEL DIABLO”

Dimanche 21 Septembre

Annoncé dans le programme de la biennale, "Invités : Miguel Poveda et Moraíto chico"… : le premier interpréta avec brio, la chanson de Lorca "El mariquita" et chanta un peu por Bulería "Alfileres de colores", sans micro, à cause d’un son défectueux, (ce qui le poussa à exécuter une "pataíta") ; le deuxième se contenta d’un enregistrement en voix off, au tout début. Artistes invités certes, le chœur de gitanes de "Las peligro", qui brillèrent durant tout le spectacle,en donnant la réplique théâtrale à Diego Carrasco, ainsi que le groupe Jarcha. On eut le plaisir d’apprécier les moments magiques de la grande guitare d’ Alfredo Lagos et le "soniquete" de Diego Carrasco, qui anima la nuit avec son talent de rapeur et son sens de la répartie.

La mise en scène plaçait les musiciens sur les marches du Diable, un tapis rouge central qui descendait jusqu’au public, et une lumière rouge symbolisait la porte étroite de l’Enfer pour seule narration : il fallait être attentif aux paroles des fameuses chansons de Diego Carrasco, à son flamenco-rap inspiré de Don Juan Tenorio, et à son talent porté par un compás on ne peut plus flamenco. Beaucoup de "noms" du monde du flamenco, d’excellents musiciens et à la fin… Diego Carrasco, son énergie et son "soniquete" triomphent !

Manuela Papino

Photo : Luis Castilla


“EL FINAL DE ESTE ESTADO DE COSAS, REDUX” – ISRAEL GALVÁN

Mercredi 24 Septembre. Maestranza de Sevilla. Israel Galván. Cela aurait sûrement suffit à remplir le Théâtre.

Chaque fois qu’ Israel Galván présente une nouvelle création, la question est : "Jusqu’où va a aller cet homme ?"... Encore plus loin avec "El final de este estado de cosas, redux". Ce curieux titre vient d’un travail sur l’ Apocalypse, "un livre que pour des raisons personnelles, j’ai beaucoup lu", dit Israel Galván. Le mot "redux", quant à lui, est un clin d’œil au film de Coppola "Apocalypse now". La première fut présentée à la Biennale de Málaga avec une durée de trois heures. Le spectacle a été modifié pour Séville, et réduit à une heure et demie. Une mise en scène de Txiki Berraondo et un ensemble de musiciens qui fait rêver : Alfredo Lagos, Diego Carrasco, Fernando Terremoto, Juan José Amador, José Carrasco, Antonio Moreno, Juan Jiménez Alba et Eloisa Sánchez.

Le début est particulièrement spectaculaire : dans le silence, seul dans un carré de sable, portant un masque couleur chair, Galván ressemble à un personnage en pâte à modeler : une danse intériorisée, inspirée par le Butoh, dans laquelle on devine ses racines flamencas par les typiques figures indissociables de son identité.

Le deuxième tableau emmène le spectateur au cœur de l’horreur de la réalité, avec une vidéo d’une ancienne élève, accompagnée d’une lettre, dans laquelle elle explique qu’elle danse en hommage à Samir Kassir mort à Beyrouth sous les bombes. Elle danse avec les pas de Galván. La musique qui l’accompagne est celle des bombes, "notre réalité", explique la danseuse avant de prendre congé d’Israel : "la réalité est plus forte que la danse, la réalité est plus importante que la danse". Portant le message clair de "la catastrophe majeure", la lettre situe toute la suite à sa juste place, l’art portant le poids de la dérision.

Ce qui vient ensuite…le déséquilibre : comment l’homme continue de danser, malgré un environnement précaire. Comme un champ de mines en pleine guerre, Galván est un musicien de plus, provocant ce qui lui sert de tablao "à roues" : il le tord, laissant sortir une poussière qui fait penser à des ruines sous les bombardements. Une autre proposition surprenante lui succède, une autre métamorphose : le danseur devient femme, dans un rôle de joueur invétéré de percussions ; la musique saturée du groupe de heavy "Orthodox", qui parasite le chant de Terremoto, faisant souffrir le spectateur. Après "la catastrophe majeure", vient "la traversée du désert : Villancicos sans Noël et sauve qui peut".

Dissimulant peut-être un choix personnel derrière ce titre, il s’emploie à un véritable jeu de déconstruction des fêtes traditionnelles andalouses. A la fin, Israel Galván finit par provoquer la mort, en dansant dans un cercueil, "Alpha et Oméga, sans fin".

le grand travail d’un artiste qui revient à la Biennale de Séville sûr de lui, donnant au flamenco une place incontestable dans le monde de l’ art, sans barrière de genre. Aujourd’hui, Israel Galván est, sans doute, le seul artiste de flamenco qui ne génère pas la polémique habituelle. Galván est flamenco, et bien plus.

Manuela Papino

Photo : Luis Castilla


25 SEPTEMBRE, PREMIÈRE PARTIE : MIGUEL DE TENA

Miguel Angel de Tena est né en 1976 à Ruecas (Badajoz). Doté d’ une voix de registre très aigu, le cantaor se situe dans la lignée de Manuel Vallejo, y compris en ce qui concerne le contenu littéraire des textes qu’il interprète, restant fidèle à son modèle. Il a obtenu la Lámpara Minera du Festival de cante de las Minas (La Unión) en 2006. Ce récital nous convie à la remémoration des années 1930. Son programme fut aussi clair que son appartenance stylistique : Farruca, Minera, Tangos extremeños, "cuplé" por Bulerías, Zambra et Fandangos de Vallejo. Avec ou sans micro, accompagné par la guitare d’ Antonio Carrión, il emporta l’enthousiasme d’un public de connaisseurs.

DEUXIÈME PARTIE : JAVIER CONDE

La grande surprise de la nuit survint avec un guitariste de dix sept ans, très discret dès son entrée en scène, et démontrant son grand respect pour les "maestros". Faisant preuve d’une brillante technique, il s’imposa cette nuit-là, comme un soliste digne de figurer au programme de la Biennale de Séville. Ce fut un véritable parcours des oeuvres maîtresses de la guitare flamenca. Peu de grands compositeurs manquèrent à l’ appel : une Alegría et un Zapateado de Victor Monge "Serranito", un Garrotín de Rafael Riqueni, une Soleá de Sabicas, une Guajira et une Bulería d’ Andrés Batista, une Granaína de Gerardo Nuñez, une Rondeña de Paco de Lucia et un Fandango de Huelva du Niño Miguel (accompagné de son père comme seconde guitare), avant de terminer par une rumba de sa composition, qui rappelait le Maestro Paco. Il fit une grande impression, nous laissant avec l’envie de l’écouter dans un répertoire plus personnel.

Manuela Papino

Photos : Luis Castilla





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